Publié dans Les bonnes idées

Le Face à Face

Cela va faire bientôt 1an que toute une partie de la population ( secteur tertiaire : restauration, évènementiel, discothèques, culture etc..) est confinée chez elle. 1an à la maison pour se protéger et protéger les autres, mais aussi 1 an, sans travail.

Alors au début, on trouve des activités, on monte des projets, on organise un quotidien différent mais cela va un temps. Très vite, on ne peut plus faire semblant, fuir ou fermer les yeux : On est face à soi-même pour une durée indéterminée.

Pour certains c’est la peur, le stress et pour d’autres, c’est le courage et le moment de se poser les bonnes questions, de modifier quelques comportements, de réfléchir, de s’assurer que l’on est bien en phase avec soi-même.

C’est à ce moment-là que les contrariétés, les dossiers inachevés, les problèmes  » d’avant » remontent. Cela est tout à fait normal car ce sont les conséquences du manque d’activité. Reste à savoir ce que l’on veut faire de toutes ces données remontées à la surface qui viennent combattre l’ennui.

Le secteur tertiaire est une branche de professions ou l’on travaille beaucoup. Des métiers qui passent bien souvent, avant la vie personnelle. Des activités dévouées, au service des autres.

Passer d’années de dévouement à … plus rien, est très difficile à assumer psychologiquement. Nous pouvons penser que nous ne sommes plus utile, que les gens n’ont plus besoin de nous ou encore, nous pouvons souffrir de ne plus être représenté dans la vie sociale, active.

Ensemble, quoi qu’il arrive! La vie de couple et/ou de famille devient parfois compliquée. Jusqu’à présent, nous étions habitué à vivre 3 ou 4 heures le soir puis les WE avec notre famille/conjoint mais depuis 1 an nous vivons 24h/24h ensemble et ce n’est pas si facile. La vie ne s’est pas arrêtée pour autant et il devient dur de tout caser entre 6H et 18H lorsque l’un travaille, qu’il y a des enfants, des RV ou des courses à assurer. A cela, s’ajoute les questions sur l’ Après, qui ne trouvent pas de réponses et la charge mentale qui devient immense. Peur, frustration, insécurité, isolement, autant de sentiments qui provoquent un stress intense et se retourne sur les personnes vivant sous notre toit.

Les enfants ont besoin de plus d’affection de la part des adultes car ils sentent l’anxiété générale et ne comprennent pas toujours toute l’ampleur de cette affaire.

Le droit à la déconnexion! La routine du quotidien, le travail, les transports, les enfants, ont laissé place à l’incompréhension, la sidération, la colère, le sentiment d’injustice, l’isolement, l’ennui, l’anxiété, la peur. Rassurez-vous, tout est normal. Nous ne sommes juste, pas habitués à cet effort, car pour pouvoir surmonter tout cela dans de bonnes conditions, il faut s’adapter… donc changer… donc faire un effort… et c’est dur de faire un effort. Tous ces sentiments sont semblables au processus du deuil. Nous sommes dans une situation inédite, sans repères, plongés dans un quotidien anxiogène, bourré d’incertitudes, d’inconnus et d’inquiétudes. La peur de manquer s’installe. Les informations contradictoires, noires, sont angoissantes et nous empêchent de nous recentrer, de nous apaiser pour conserver une énergie positive.

L’angoisse financière ! Chômage partiel oui, heureusement ! Merci d’avoir rendu un peu d’argent mais il faut bien être conscient que la réalité est tout autre. Depuis plusieurs années, dans ce secteur là, les salaires sont au minimum. Sur le salaire de base s’ajoute des heures supplémentaires, des primes d’objectifs ou non, des 13eme mois etc… et tout cela représente un sacré budget mensuel sur lequel il faut tirer un trait sans pour autant voir les frais fixes diminuer. Ce secteur, c’est aussi énormément d’emplois précaires représentés par les intérimaires et les intermittents à qui on demande de vivre depuis 1an avec le RSA (570€). Pendant ce temps, on ne cotise plus pour notre retraite alors qu’il nous faut déjà travailler jusqu’à 67ans.

Les conséquences! Des études menées en Chine dévoilent ce que l’on savait déjà. Un confinement à des effets plus élevés de stress post-traumatique à partir de 10 jours. Irritabilité, mauvaise humeur et pour certains ce sont des douleurs familiales ou enfantines qui remontent. Le confinement devient une vraie torture. Insomnies, troubles émotionnels ou compulsifs, dépressions ressurgissent.

Le stress engendre des problèmes de peau, de la prise de poids, de la perte de libido, des problèmes cardiaque, des difficultés à se concentrer et à mémoriser ou encore la phobie de sortir de chez soi.

Evaluons notre Résilience! Pour surmonter toutes ces conséquences néfastes pour notre santé et mettre toutes les chances de notre côté, de ne pas développer des formes plus graves de cette maladie, il est impératif de s’imposer 2 ou 3 choses.

S’éloigner de toutes les sources négatives, mais vraiment ! : éteindre sa TV et ne pas passer plus de 30 minutes par jour sur les réseaux sociaux. Ecouter de la musique, lire et/ou étudier les paroles. Regarder des films, lire des livres, écouter des podcast, faire de la méditation. Cette étape est impérative pour se recentrer. C’est le moment de faire le bilan.

Reconsidérer sa vie : qui nous sommes, ce que l’on veut, ce que l’on ne veut pas, formuler de nouveaux projets. Ecrire ! Poser sur du papier ou à l’ordinateur ce que l’on ressent comme dans un journal de bord. Ce bilan est impératif si l’on veut tenir l’anxiété, le plus loin possible de nous et de notre famille.

Mettre en place une routine équilibrée, restructurer ses journées, comme on le ferait au travail : L’entretien de notre logement, une activité intellectuelle, une activité physique, un moment social grâce à la visio ou le téléphone, un moment de loisir seul ou à plusieurs, un moment de lâcher prise, à soi.

Pourquoi pas organiser des concours de cuisine avec ceux qui vivent avec nous, faire du tri, apprendre une langue étrangère, s’intéresser à des sujets que l’on ne maîtrise pas ou dont on a une image que par les médias. Si on a la chance d’avoir un jardin, imposons-nous un minimum de 45 min dehors. C’est le moment d’utiliser notre gros manteau, notre capuche, nos chapeaux ou lunettes de soleil et de Sortir Respirer. Seule une canicule peut être une raison de ne pas sortir 😉

Communiquer : par l’ écriture mais aussi en discutant avec ses proches.

La difficulté est réelle car nous vivons dans une société où l’on a pas appris, ou, n’avons pas l’habitude, de développer nos ressources intérieures. On a plutôt tendance à aller chercher des solutions à l’extérieur, alors que nous avons tout ce qu’il faut en nous, pour passer cette période dans de bonnes conditions.

Vous avez besoin d’une aide professionnelle si vous vous reconnaissez ! Troubles du sommeil, de l’alimentation (anorexie, boulimie…), consommation d’alcool ou de substances, idées noires, réactions agressives envers vous-même ou envers les autres, tous ces comportements doivent être pris au sérieux. Ils montrent que vous n’allez pas bien et nécessitent une aide extérieure, professionnelle. Appelez votre médecin ou votre psychologue. De nombreuses consultations peuvent se réaliser via Zoom 🙂

Il ne faut absolument pas minimiser les conséquences psychologiques d’une telle épreuve. Si les émotions qui découlent d’un traumatisme ne sont pas prises en charge, alors des symptômes de stress post-traumatique peuvent apparaître quelques, semaines ou mois plus tard.

 

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